Beaudoin, Marylou (2025). Impact des îlots-refuges et des proies disponibles sur le risque de prédation des nids par le renard arctique. Mémoire. Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Département de biologie, chimie et géographie, 84 p.
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Résumé
RÉSUMÉ : La structure du paysage peut influencer l'occurrence et l'intensité des interactions prédateurs-proies en modulant le risque de prédation et la distribution des proies. Dans le Haut-Arctique, certaines espèces d'oiseaux nichent sur des îlots d'étangs. Ces microhabitats offrent des barrières physiques naturelles qui complexifient les déplacements de leur principal prédateur terrestre, le renard arctique. Afin de mieux comprendre le rôle des îlots dans les communautés écologiques de la toundra, nous avons examiné l'influence du microhabitat, de ses caractéristiques physiques, ainsi que de la densité de proies du renard sur la survie des nids. Nous avons suivi 132 nids de bernaches de Hutchins et 55 nids de goélands bourgmestres sur quatre saisons de reproduction, dans une zone de 150 km2 abritant une importante colonie d'oies des neiges, sur l'île Bylot (Nunavut, Canada). Parallèlement, nous avons déployé 537 nids artificiels sur trois étés. Nos résultats indiquent que les îlots offraient un refuge partiel contre la prédation par le renard arctique : le taux de survie des nids y était plus élevé que sur les berges. La survie des nids augmentait généralement avec la distance à la berge, mais cet effet était faible pour les nids naturels, et aucun effet de la profondeur de l'eau n'a été détecté. Quel que soit le microhabitat, la survie des nids était particulièrement faible lors d'une année caractérisée par une faible disponibilité de proies pour les renards, notamment une faible densité de nids d'oies des neiges, suggérant un effet indirect bénéfique de cette espèce coloniale sur les proies alternatives nichant sur les îlots. Puisque le renard arctique était le principal prédateur des nids artificiels, nos résultats indiquent que les variations annuelles de survie étaient surtout liées à des changements dans son comportement de quête alimentaire, en réponse aux fluctuations de la disponibilité de ses proies dans le paysage. Grâce à la combinaison d'un suivi observationnel pluriannuel et d'expériences de terrain, nous avons mis en évidence l'importance d'intégrer la dynamique prédateur-multiproies pour comprendre l'effet de la structure d'habitat sur les risques de prédation à fine échelle spatiale. -- Mot(s) clé(s) en français : Oiseaux nicheurs, îlots, risque de prédation, refuges anti-prédation, communauté multiproies, interactions indirectes, coûts de la prédation, nids artificiels. --
ABSTRACT : Landscape structure can influence the occurrence and intensity of predator-prey interactions, modulating predation risk and prey distribution. In the High Arctic, some bird species nest on pond islets. These microhabitats offer natural physical barriers that complicate the movements of their main terrestrial predator, the arctic fox. To better understand the role of pond islets in tundra ecological communities, we examined the influence of microhabitat, its physical characteristics, and fox prey density on nest survival. We monitored 132 cackling goose nests and 55 glaucous gull nests over four breeding seasons in a 150 km2 area hosting a large snow goose colony on Bylot Island (Nunavut, Canada). We also deployed 537 artificial nests over three summers. Our results indicate that islets provided a partial refuge from arctic fox depredation: nest survival was higher on islets than on the shore. Survival generally increased with distance from the shore, although there was little evidence of this effect for natural nests, and no effect of water depth was detected. Regardless of microhabitat, nest survival was particularly low in a year characterized by low prey availability for foxes, notably a reduced density of snow goose nests, suggesting an indirect beneficial effect of this colonial species on alternative prey nesting on islets. As the arctic fox was the main predator of artificial nests, our results suggest that annual variation in survival was primarily driven by changes in fox foraging behavior in response to fluctuations in prey availability. Through a combination of multi-year observational monitoring and field experiments, we have highlighted the importance of integrating predator-multiprey dynamics to understand how habitat structure influences predation risk at fine spatial scales. -- Mot(s) clé(s) en anglais : Breeding birds, islets, predation risk, prey refuges, multi-prey community, indirect interactions, foraging costs and artificial nests.
| Type de document : | Thèse ou mémoire de l'UQAR (Mémoire) |
|---|---|
| Directeur(trice) de mémoire/thèse : | Berteaux, Dominique |
| Co-directeur(s) ou co-directrice(s) de mémoire/thèse : | Bêty, Joël |
| Information complémentaire : | Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en biologie en vue de l'obtention du grade de maître ès sciences (M. Sc.). |
| Mots-clés : | Bernache de Hutchins - Nids - Effets de la prédation sur - Nunavut - Bylot, Île; Goéland bourgmestre - Nids - Effets de la prédation sur - Nunavut - Bylot, Île; Renard arctique - Alimentation - Nunavut - Bylot, Île; Prédation (Biologie); Bylot, Île (Nunavut); Îlots-refuges; Communauté multiproies. |
| Départements et unités départementales : | Département de biologie, chimie et géographie > Biologie |
| Date de dépôt : | 05 févr. 2026 20:29 |
| Dernière modification : | 05 févr. 2026 20:29 |
| URI : | https://semaphore.uqar.ca/id/eprint/3421 |

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