Lapointe, Catherine (2026). Effets de l'utilisation du territoire sur la tolérance thermique et la tolérance au réchauffement de deux espèces de poissons de petits cours d'eau. Mémoire. Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Département de biologie, chimie et géographie, 77 p.
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Résumé
RÉSUMÉ : La conversion des habitats naturels en paysages anthropiques, résultant de l'expansion des terres agricoles et de la transformation des zones forestières, représente un enjeu préoccupant pour l'intégrité des cours d'eau. L'utilisation du territoire, combinée au réchauffement climatique, expose les cours d'eau à des températures pouvant excéder les limites supérieures de la tolérance thermique des poissons. Le déplacement vers des zones plus fraîches, l'acclimatation via la plasticité phénotypique ou l'adaptation pour survivre dans des eaux plus chaudes sont tous des mécanismes qui pourraient favoriser leur persistance. Dans le sud du Québec (Canada), la majorité des bassins versants est dédiée aux activités agricoles, lesquelles se pratiquent fréquemment à proximité des petits cours d'eau. Malgré leur importance, les effets de ces pratiques sur la tolérance thermique des populations de poissons demeurent mal connus. Cette étude vise donc à déterminer s'il existe une plasticité phénotypique dans les traits de tolérance thermique au sein des populations qui évoluent dans ces milieux perturbés. Pour ce faire, les objectifs étaient de caractériser et de comparer la température de 12 cours d'eau représentant un gradient d'utilisation du territoire, puis de quantifier la température maximale critique (CTmax) et la tolérance au réchauffement (sensu warming tolerance; WT) de deux espèces dominantes dans ces cours d'eau en fonction de la température et de l'utilisation du territoire. Des expériences de tolérance thermique in situ ont été réalisées sur l'épinoche à 5 épines (Culaea inconstans) et le mulet à cornes (Semotilus atromaculatus) pour déterminer les CTmax et la WT au début, au milieu et à la fin de l'été. Les résultats révèlent qu'un couvert végétal plus important est associé à des températures plus basses dans les cours d'eau. Les expériences de tolérance thermique indiquent que, pour les deux espèces, les CTmax augmentent alors que la WT diminue dans les ruisseaux les plus chauds et agricoles. Ces résultats suggèrent que l'ajustement de la tolérance thermique n'est pas complètement suffisant pour compenser le stress thermique. Notre étude souligne l'importance de cibler les populations les plus vulnérables aux effets combinés de l'utilisation du territoire et du réchauffement climatique afin de mieux anticiper les conséquences de ces enjeux. -- Mot(s) clé(s) en français : Acclimatation thermique, déforestation, ectothermes, température maximale critique, tolérance au réchauffement, utilisation du territoire. --
ABSTRACT : The conversion of natural habitats into anthropogenic landscapes, particularly due to the expansion of agricultural land and the transformation of forested areas, is a major concern for water quality. Land use, combined with global warming, exposes streams to temperatures that can exceed the upper limits of fish thermal tolerance. Migration to cooler areas, acclimation through phenotypic plasticity, or adaptation to survive in increasingly warm waters are all mechanisms that could support their persistence. In southern Quebec (Canada), most watersheds are dedicated to agricultural activities, which are often conducted in proximity to small streams. Despite their importance, the effects of these practices on the thermal tolerance of fish populations remain poorly understood. Therefore, this study aimed to determine whether phenotypic plasticity exists in thermal tolerance traits within populations inhabiting these disturbed environments. The objectives were to characterize and compare the temperature of 12 streams spanning a land use gradient, as well as to quantify and compare the critical thermal maximum (CTmax) and warming tolerance (WT) of two dominant species in the region, in relation to stream temperature and land use. In situ thermal tolerance experiments were conducted on the Brook Stickleback (Culaea inconstans) and the Creek Chub (Semotilus atromaculatus) in early, mid and late summer. The results reveal that greater canopy cover is associated with lower stream temperatures. Moreover, thermal tolerance experiments indicate that, for both species, CTmax increases while WT decreases in the warmest and most agricultural streams. These results suggest that adjustments in thermal tolerance are not entirely sufficient to compensate for thermal stress. Our study highlights the importance of targeting the most vulnerable populations to the combined effects of land use and climate warming to better anticipate the consequences of these challenges. -- Mot(s) clé(s) en anglais : Critical thermal maximum, deforestation, ectotherms, land use, thermal acclimation, thermal tolerance, warming tolerance.
| Type de document : | Thèse ou mémoire de l'UQAR (Mémoire) |
|---|---|
| Directeur(trice) de mémoire/thèse : | Chrétien, Emmanuelle |
| Co-directeur(s) ou co-directrice(s) de mémoire/thèse : | Fugère, Vincent |
| Information complémentaire : | Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en biologie en vue de l'obtention du grade de maître ès sciences (M. Sc.). Ce document est rédigé sous forme d'articles scientifiques. |
| Mots-clés : | Mulet à cornes - Effets des êtres humains sur; Tolérance thermique (Physiologie); Acclimatation; Épinoche à cinq épines; Culaea inconstans; Semotilus atromaculatus. |
| Départements et unités départementales : | Département de biologie, chimie et géographie > Biologie |
| Date de dépôt : | 12 mai 2026 19:40 |
| Dernière modification : | 12 mai 2026 19:40 |
| URI : | https://semaphore.uqar.ca/id/eprint/3572 |

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