Robichaud, Lisandre (2026). Chemins d'hiver vs gravelés : dynamique de régénération et utilisation par la grande faune dans un contexte de conservation du caribou boréal. Mémoire. Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Département de biologie, chimie et géographie, 119 p.
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Résumé
RÉSUMÉ : La forêt boréale, plus grand biome terrestre du Canada, constitue un important réservoir de ressources naturelles. Dans l'Est canadien, le déclin des populations boréales du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) est principalement attribué à la perte, l'altération et la fragmentation de son habitat, notamment en raison de l'aménagement industriel de la forêt et de la mise en place d'un dense réseau de structures linéaires. Si l'impact des chemins gravelés et des lignes sismiques sur la faune est bien documenté, l'effet des chemins forestiers d'hiver demeure quant à lui peu étudié. Construits sur un sol gelé et utilisés exclusivement en hiver, ces chemins pourraient influencer différemment la composition et la structure de la régénération végétale de même que les déplacements de plusieurs espèces fauniques. Mon projet visait à caractériser les effets de l'âge et du type de chemins forestiers - classe 4 (gravelés) et d'hiver (non gravelés) - et des caractéristiques du paysage sur la composition et la structure de la régénération végétale et, par la suite, de l'utilisation par la faune de ces chemins. L'hypothèse principale stipulait que les chemins d'hiver, impliquant une compaction moindre du sol, faciliteraient le rétablissement plus rapide de la végétation et limiteraient en conséquence les déplacements des prédateurs du caribou et de leurs proies alternatives plus rapidement que les chemins gravelés. Mon étude s'appuyait sur un réseau de 120 sites d'échantillonnage répartis sur 40 km de chemins forestiers le long desquels j'ai installé 160 caméras automatisées. Mes résultats ont indiqué qu'à âge égal, les chemins d'hiver supportaient une plus grande abondance de tiges de conifères et présentaient une compaction moindre. Pour la faune, l'effet du type de chemin s'est avéré moins net, étant déclassé par d'autres variables explicatives. L'ours noir (Ursus americanus) a été détecté plus fréquemment sur les chemins de classe 4, tandis que l'orignal (Alces alces americana) a montré une utilisation similaire des deux types de chemins. L'intensité d'utilisation par l'ours était positivement liée à la présence d'orignaux et négativement influencée par la proximité de forêts âgées de 90 à 120 ans. Le faible nombre de détections de loups (Canis lupus) a limité notre capacité à tester l'effet de certaines covariables liées à l'utilisation des chemins, tandis que les rares détections de caribous sont vraisemblablement attribuables à la très faible densité de l'espèce sur le territoire étudié. Ceci dit, les observations brutes suggèrent une utilisation plus élevée des chemins gravelés par ces deux espèces. Mes résultats ont montré que la compaction des sols constitue un facteur limitant important pour la régénération de la végétation sur les chemins forestiers, et que les chemins d'hiver - généralement moins compactés - présentaient un meilleur potentiel de restauration passive d'habitat forestier. Ces observations pourraient contribuer à orienter les stratégies de gestion dans un contexte de conservation du caribou forestier. -- Mot(s) clé(s) en français : Aménagement forestier, caméras automatisées, caribou des bois, Rangifer tarandus caribou, chemins forestiers, régénération passive de la végétation, relations caribou, orignal-loup-ours, structures linéaires. --
ABSTRACT : The boreal forest, the largest terrestrial biome in Canada, represents a major reservoir of natural resources. In Eastern Canada, the decline of boreal woodland caribou (Rangifer tarandus caribou) populations is primarily attributed to habitat fragmentation, notably caused by industrial forest management and the expansion of dense road networks. While the ecological impacts of gravel roads and seismic lines on wildlife are well documented, the effects of winter logging roads remain understudied. Built over frozen ground and used exclusively during winter, these roads may have different influences on vegetation regrowth and wildlife movement. This study aimed to characterize vegetation regeneration on two types of logging roads-gravel class 4 roads and ungraveled winter roads-and to quantify the effect of road type, age, vegetation recovery, and surrounding landscape features on their use by wildlife. The main hypothesis was that winter roads, being less compacted, would support faster vegetation recovery and consequently limit the movement of predators (Canis lupus, Ursus americanus) and their alternative prey, moose (Alces alces americana). Fieldwork included 120 sampling sites spread along 40 km of roads and 160 motion-triggered cameras. Results indicate that, at equal age, winter roads supported a higher abundance of conifer stems and showed lower soil compaction. Black bears were detected more frequently on class 4 roads, while moose used both road types similarly. Bear road use was positively associated with moose presence and negatively influenced by the proximity of 90-120-year old forest stands. Due to the low number of wolf (Canis lupus) detections, our ability to test the effect of certain covariates related to road use was limited, while the rare caribou detections are most likely attributable to the very low density of the species in the study area. Nevertheless, raw observations indicate a higher use of gravel roads by both species. These findings highlight the role of soil compaction in limiting vegetation recovery and emphasize the interaction between black bears and moose in relation to forest road networks. Our findings show that soil compaction may be an important limiting factor for vegetation recovery on abandoned logging roads, and that winter roads-typically less compacted- may offer greater potential for natural regeneration. These insights could help inform management strategies in support of woodland caribou conservation in managed boreal landscapes. -- Mot(s) clé(s) en anglais : Automated cameras; caribou-moose-wolf-bear interactions; forest management; forest roads; linear features; passive vegetation regeneration; woodland caribou (Rangifer tarandus caribou).
| Type de document : | Thèse ou mémoire de l'UQAR (Mémoire) |
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| Directeur(trice) de mémoire/thèse : | St-Laurent, Martin-Hugues |
| Co-directeur(s) ou co-directrice(s) de mémoire/thèse : | Drapeau, Pierre |
| Information complémentaire : | Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en gestion de la faune et de ses habitats en vue de l'obtention du grade de maître ès sciences. |
| Mots-clés : | Caribou des bois - Populations; Rangifer tarandus caribou; Caribou des bois - Moeurs et comportement; Caribou des bois - Habitat; Routes forestières; Regénération (Botanique); Forêts - Gestion. |
| Départements et unités départementales : | Département de biologie, chimie et géographie > Biologie |
| Date de dépôt : | 24 avr. 2026 13:40 |
| Dernière modification : | 24 avr. 2026 13:40 |
| URI : | https://semaphore.uqar.ca/id/eprint/3552 |

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